Passage à Table

Passage à Table nous convie à une cérémonie un peu particulière, plutôt funèbre quoiqu’hilarante le plus souvent. Gustina, bonne femme candide mais pragmatique essaie de garder la main sur une situation rocambolesque et nous entraine dans une ronde joyeuse mêlée de souvenirs, de maximes définitives et de chansons un peu délavées.

Pour rendre service à sa voisine Isabelle dont le père est décédé, Gustina accueille chez elle la cérémonie funèbre.
Tous, amis, famille, connaissances sont réunis. Gustina s’agite, met la main à la pâte, les pieds dans le plat
et ce que l’on déguste ne correspond pas forcément à la carte.

Passage à table !

Sur scène, quelques chaises,
un portant avec des vêtements, un ukulélé.
On entend une femme parler au téléphone hors champ,
il y a des bruits comme si on bougeait du mobilier.
La femme entre sur le plateau
et installe une table à roulettes et une boite en fer.
On comprend vaguement qu’il est question d’un papa mort,
que la personne au téléphone s’appelle Isabelle
et qu’elle a besoin d’être consolée.

Puis la femme sur le plateau nous voit, nous spectateurs,
a l’air surpris, termine rapidement la conversation
et s’adresse à nous :

Bonjour mesdames et messieurs dames,
merci d’avoir été aussi nombreux
pour la cérémonie en hommage au DCD.
Pour ceux qui ne le sav’raient pas,
je m’appelle Gustina.
Isabelle a eu un contre-temps
mais elle va bientôt arriver pour son papa.
Je suis à vous dans quelques instants,
le temps de me changer.

À partir de là, de confidences en coups de gueule,
Gustina va nous conduire au cœur de l’être intime
d’Isabelle et nous dévoiler son secret, terrible et
fondamental. Sa parole de clowne, décalée, sincère,
complètement barrée, puissante, hilarante, libre va nous
aider à envisager l’inacceptable et à porter un regard tendre
voire léger sur la férocité de notre humanité.

D’Isabelle à Gustina
Il n’y a qu’un pas
un passage
Passage à Table !

Jeu : Isabelle Bazin
Écriture : Françoise Fognini et Isabelle Bazin
Mise en scène : Johan Lescop et Françoise Fognini
Régie son et lumière : Fabrice Garnier


Livre d’Or

Bravo pour ce spectacle intime, c’est grand quand le rire flirte sans cesse avec les pincements au cœur.
Au delà d’être une très belle performance de clowne (j’ai pris un immense plaisir à voir la grande technicienne qu’est Isabelle Bazin, c’est un bonheur pour moi qui aime le clown), c’est un beau spectacle sur les rapports familiaux. Il parle avec une grande justesse et poésie des amour-haine qu’on peut avoir pour ces gens si proches et étrangers à la fois avec lesquels on a grandi et qui seront toujours un peu avec nous.
L’espace que propose le clown permet de parler de la violence que la comédienne a vécue d’une manière très juste, très courageuse, il offre la possibilité d’explorer les paradoxes de ces sensations difficiles. Nous public, on n’est jamais pris en otage face à cette histoire, les choses sont suggérées, on les devine et en même temps elles sont bien là dans notre esprit.
Finalement, c’est aussi un spectacle sur la joie que l’on se donne à soi, sur la douceur qu’il est important de s’offrir.
J’ai adoré la chanson d’Isabelle à sa clown Gustina et l’inverse, une déclaration d’amour au théâtre, aux multiples facettes que l’on porte en soi.
Merci beaucoup !
Et bravo d’avoir saisi ce sujet, d’y avoir plongé entièrement et (presque) nue, je suis certaine que ça parlera à beaucoup de gens à leur endroit.

Maud Pougeoise

Les derniers messages du Livre d’Or

Dès les premiers mots, « Papa », je savais, pressentais la chute. Je ne sais pas pourquoi. Sûrement parce que j’ai vécu aussi cela. Suberbe. Merci

Très beau spectacle, sensible et accessible. Continuez. Merci

Bravo Gustina pour cette énorme prestation sur un sujet sérieux que vous avez démystifié.

Rire et pleurer sur un spectacle ça m’ouvre le coeur. Alors bravo l’artiste et merci pour Michel [Dallaire]. Quel courage !

Parce qu’on ne se rend jamais compte de ce que ceux qu’on aime ont vécu, merci pour cette sensibilité, cette douceur, pour mieux comprendre ma maman.

Consulter le Livre d’Or